Compos-toilette, ajout incontesté aux jardins

La compos-toilette de les Herbes Aux Soins

On m’a trouvé excentrique de vouloir avoir une compos-toilette. Même pas pour dans la maison, juste pour mettre sur le terrain. Mais rien n’y fait ! Je suis l’excentrique de la place ! Ça fait déjà un bout que l’idée me trottait en tête. En fait c’est suite à une formation à l’Herbothèque que je rêve d’en avoir une. Ça me permettait de séparer la famille et le travail lors des journées de formation que j’offre sur place. Fini les clients dans la maison pour un p’tit pipi ! Je détestais pas l’idée.

Ce n’est donc que l’an dernier avec la venue des premiers WWOOFERS que la nécessité d’une compos-toilette s’est fait ressentir. C’est David, un WWOOFER allemand, qui est resté un certain temps chez nous, qui en a fait la fabrication. Avant de vous lancer, je vous suggère de bien penser à votre plan et aux matériaux disponibles. Que serait une compos-toilette sans matériaux réutilisés ?

Outre ne plus faire entrer les clients à la maison, donner une liberté de pipis nocturnes aux WWOOFERS et ne plus avoir à entrer à la maison les bottes pleines de terre durant nos journées de travail extérieur, l’idée derrière la compos-toilette était également d’atteindre un objectif d’autonomie en matière organique. Je vous en ai glissé mot dans l’article sur le vermicompostage. La compos-toilette allait définitivement aider à atteindre cet objectif.

La compos-toilette a été faite sur mesure. On s’est inspiré de ce qui se fait déjà via le net. Le principe est assez simple. Pour chaque urine, on doit mettre une portion de copeaux de bois et à chaque selle, on en met deux. Elle est située en hauteur dans un endroit boisé à proximité des jardins et un peu en recul de la maison. Comme je n’étais pas certaine de son efficacité côté odeur, on a trouvé plus prudent de ne pas la positionner à proximité des airs de loisirs et de la maison. Nous avons muni la compos-toilette d’un bac récupérateur de matières premières. C’est la raison de sa position surélevée. Il nous fallait un endroit facile d’accès afin de récupérer le stock ! Nous avons réutilisé la terre de creusage du lac artificiel (très compact) afin de surélever le sol à cet endroit. Une fois le sol bien préparé et à niveau, plan en main, nous avons débuté le projet. La toilette a été positionnée sur des blocs de béton. Nous voulions avoir la possibilité de la déplacer facilement si notre emplacement s’avérait mauvais. En la positionnant sur des blocs, on s’assure également de la longévité de la base de la structure.

Autant , on a souhaité recycler du matériel de construction que nous avions déjà sur place; il nous a fallu en acheter également. La compos-toilette c’est une structure en 2X4 mesurant approximativement 3.5 pieds de large par 4 pieds de profond sur presque 10 pieds de hauteur, montée sur bloc de béton, recouverte de planches brutes. À l’intérieur, il y a le caisson troué muni d’un bol de toilette (toute cette partie à été recouverte de verni à bateau pour faciliter le nettoyage), un petit bac contenant les copeaux de bois et un petit banc pour accéder au bol de toilette (des erreurs d’ingénieur ça arrive !) C’est à l’arrière de la compos-toilette que se trouve l’accès au bac collecteur de matières organiques. Lorsqu’il est plein, il suffit d’ouvrir les portes, retirer le bac et le vider à l’endroit prévu à cet effet. On a également installé un tuyau partant du bac collecteur et sortant en hauteur de la structure afin de faire sortir les odeurs qui pourraient être désagréables.

Pour finir nous n’avons eu qu’à acheter le bois pour la structure ayant déjà les planches de revêtement, la toile pour le toit, les pentures pour la porte, le verni pour l’intérieur, les blocs en béton, le tuyau de ventilation, les vis et les loquets.

Pourquoi pas juste mettre la compos-toilette sur un trou dans le sol ?

  • On ne voulait pas avoir à la déplacer une fois le trou bien rempli
  • On ne voulait pas mettre des pastilles chimiques dans le trou afin d’accélérer le processus de décomposition pour ne pas la changer de place
  • On ne voulait pas risquer de contaminer le sol et l’eau
  • On voulait limiter l’utilisation de l’eau potable à chaque chasse d’eau dans notre maison
  • On voulait surtout avoir la possibilité de récolter la matière première afin d’en faire du  »fumain »

Bon, il y a quelques défis à utiliser les déjections humaines. De un , je ne contrôle pas ce que mes invités mangent. Il y a donc des omnivores, des végétariens, végétaliens, véganes, carnivores,  etc qui côtoient le même emplacement de défécation. Les bactéries présentes dans les selles de carnivores sont différentes de celles présentes chez les herbivores. Il faut donc séparer les deux types de compost. Pas une pile à côté de l’autre mais vraiment deux emplacements différents sur le terrain. Tout comme le compost usuel, il faut atteindre les conditions optimales de matières brunes/vertes, température au centre de la pile et temps de décomposition afin d’avoir un résultat final qui ne sera pas nocif aux jardins. Je ne suis pas experte en la matière. Je suis en test pour le moment. J’utilise les bacs noirs à compost  afin de terminer la dégradation du fumain une fois retiré du bac collecteur situé sous la compos-toilette.

Comme la compos-toilette a été construite en fin de saison l’année dernière, ce n’est que cette année que nous avons vraiment commencé à vider le bac collecteur. Selon mes recherches, la paille est un incontournable afin de rendre les matières fécales utilisables aux jardins. Pour le moment, on alterne les couches de coupe de gazon, les matières fécales/urine (mélangées aux copeaux de bois) et de la paille. Du fond de nos jardins, il est impossible de connaître les composantes exactes du compost que nous fabriquons que ce soit lombricompostage, le fumain, ou le compost traditionnel. Ce serait très intéressant d’en faire faire des analyses avant utilisation…..

Impossible de dire que c’est une tâche très agréable à faire. Personnellement, c’est l’odeur de l’urine en dégradation qui incommode le plus. L’ammoniac, ouff! On s’assure donc d’avoir tout notre matériel de prêt avant de débuter les couches, histoire d’accomplir cette tâche au plus rapide. Certains jours, la tolérance est plus grande et les couches plus fines, d’autres jours les couches sont plutôt très épaisses…. Ça dépends !

Quoi que l’on ait pas encore de fumain (contraction de fumier et humain) prêt à l’emploi, au final nous sommes hyper satisfait de cet ajout aux jardins. Plus de raison de revenir à la maison pour aller aux toilettes, que ce soit pour les WWOOFERS, les clients, la visite ou nous même. L’emplacement est parfait et surtout la compos-toilette ne dégage pas de mauvaises odeurs. Enfin juste quand c’est le temps de la vidanger…. À refaire je modifierais que quelques petits trucs donc la hauteur et l’emplacement du bol de toilette. Un tantinet pas à la bonne place mais rien qui empêche son bon fonctionnement. Raison de plus de prendre le temps de bien faire ses plans et ajuster au fur et à la mesure de la construction selon les besoins.

Si vous avez la place et un tel besoin, je vous conseille fortement de faire vos plans de construction car l’effort en faut pleinement la peine.

Il ne faut pas hésitez à nous faire par de vos questions et commentaires, il nous fera plaisir d’y répondre le plus rapidement que la saison le permet !