Le comment et pourquoi d’un bac à compost en palettes

Fabrication d'un bac à compost par les Herbes Aux Soins

Cette année, j’avais un objectif bien précis pour les jardins de Les Herbes Aux Soins. Celui d’obtenir une autonomie en production de matières organiques. On a commencé le bal l’an passé avec la compos-toilette, puis en avril avec le vermicompostage. C’est avec la venue du wwoofer Alexis que la troisième phase allait se concrétiser.

L’objectif est loin d’être atteint. On a pas encore récolté de fumin et quoi que les vers produisent une quantité de caca phénoménale quand on s’attarde sur leur grosseur….On est loin du compte pour les jardins.

Ça doit faire pas loin de 20 ans que je composte les résidus de table. Le jour où j’ai décidé de faire du compost, après une semaine j’étais assez impressionné de voir à quel point mon sac de vidange avait maigri. Car lorsqu’on recycle ET composte, y’a plus grand chose à mettre aux poubelles. En 20 ans , on se dit que je dois être une pro en la matière. Détrompez-vous. J’ai une expertise en production de pourriture et non en compost…..Y’a un savant ratio à respecter entre le brun et le vert. Le brun étant les feuilles, le papier, le bois, la terre etc. et le vert ; les rebus de table.

Quand tu mets presque juste du vert : ça pourri et ça pue.

Quand tu mets presque juste du brun : ça fait sec pas mal et rien ne bouge pendant des années.

Certaines personnes prennent plus de temps que d’autres à le comprendre. Ce n’est pas juste d’être aussi dur envers moi-même; j’ai quand même déjà réussi à en faire du compost; mais considérant la quantité de rebus de table qui part au bac, honnêtement je pourrais avoir plus de rendement.

Donc, on a fouiné sur le net et on s’est trouvé un modèle de bac à compost qui nous permettrai d’être plus efficace. Comme on arrive à avoir des palettes gratuitement, on s’est trouvé un projet qui les utilisaient. Le plus long du projet a été de trouver suffisamment de palettes de la même grandeur pour le projet. Pas facile. On a fait avec ce qu’on avait et il faudra un nouvel approvisionnement de palettes l’an prochain afin de lui ajouter une section.

On a trouvé d’autres projets avec les palettes n’ayant pas les bonnes dimensions. Dont une jardinière de fines herbes et un banc de jardin. On déteste pas le réemploi dans nos projets de jardin.

Je vous donnerai pas tout le détail avec les dimensions et la technique. Je vous donne plutôt le lien vers notre inspiration. C’est une vidéo, donc idéal pour bien comprendre la méthode. Nous avons fait quelques modifications :

  • 2 sections au lieu de 3. C’est vraiment une question de matériel disponible. On a privilégié faire le projet à deux sections plutôt que d’attendre d’avoir assez de palettes. Chose certaine, faudra ajouter une section l’an prochain pour un meilleur roulement.
  • On a jouté de la clôture à cèdre à l’intérieur. Une fois fait, on s’est rendu compte que la bouffe allait probablement rentrer dans les espaces vides entre les planches de la palette. Afin d’éviter que la nourriture ne pourrisse à ces endroits, on a clôturé pour tout garder à l’intérieur. Je sais, c’est pas l’idéal, le plastique. MAIS lorsqu’on fait des projets du genre avec les woofers durant la saison, on essaie autant que possible d’utiliser ce que nous avons de disponible sans faire d’achat. Et c’est ce qu’on avait qui fonctionnait pour nos besoins.
  • On a légèrement poncé  les palettes et le bois utilisé afin de faciliter l’application de la teinture
  • On l’a teint parce que c’est beau et on avait l’intention que ça dure dans le temps.

Comment ça marche et pourquoi ne pas continuer avec les bac noir en plastique ?

En fait, les bacs en plastique ne sont pas pratiques lorsque vient le temps de tout remuer. Puis quand c’est pas pratique ou compliqué, j’y mets pas trop d’effort….Je suis persuadé que plusieurs y arrivent très bien. Je fais souvent du chichi pour rien et j’aime bien donner des projets intéressants à mes wwoofers.

J’ai donc privilégier cette construction pour sa facilité de fabrication, son coût peu élevé, les grandes ouvertures qui permettent de bien brasser et son aire ouvert qui permet d’empiler facilement. Fallait trouver un truc simple qui allait pas embêter les enfants lorsque ce serait leur semaine de sortir les rebus de table.

Un élément primordial à ma réussite de cette année : l’achat d’une tondeuse avec des bacs collecteurs. J’avais toujours prôné, laisser le gazon coupé sur place. Par idéaux et par paresse ! Puis, dans le fond, je porte si peu d’intérêt pour un beau gazon que je me suis dit, qu’il serait plus utile à mon compost que laissé sur place.

Le principe est simple. Je cueille la plupart de mon gazon et feuille avec mon nouveau bolide. J’entrepose ma collecte dans une des sections. Le gazon commencera à se décomposer sur cette pile mais il est toujours utilisable lorsque j’en ai besoin pour mon autre section. Donc lorsqu’une chaudière de rebuts de table est cumulée, on va la porter dans l’autre section du bac. En utilisant la fourche, on y ajoute tout de suite un couche de gazon coupé. Techniquement, si c’est bien fait, la dernière couche est toujours celle de gazon. Donc pas de puanteur qui nous incommode ou attire les bêtes. Pas de nuage de mouches non plus.

Puis à l’occasion, je remue le tout à la fourche avant de recouvrir encore d’une couche de brun. On devait pouvoir utiliser le compost fait cette année dès la saison prochaine.

Curieusement, on a pas eu de visite d’animaux qui venait y piquer ou éparpiller note butin. Le seul moment où on a bloqué l’entrée avec une palette, c’est lorsque nous avons eu une wwoofeuse qui voyageait avec son chien. En bloquant l’entrée, on a réglé le problème.

Puis on fait quoi cet hiver ?

Bien j’ai un peu de brun de cumuler. C’est certain que ce ne sera pas distribué en couches aussi fines que durant l’été et qu’il faudra se boucher le nez au printemps et y ajouter bonne quantité de brun et tout brasser. Mais j’ai confiance d’arriver à bien faire les choses et d’avoir besoin d’une troisième section assez rapidement. L’idée est que la section I soit utilisée pour entreposer le brun, la section II pour faire le mélange brun/vert et le III afin de débuter un deuxième compost le temps que le bac II soit prêt à l’emploi et retiré de là.

Ça vous donne le goût ?

Mon objectif de la saison est atteint tout compte fait.  Même si je n’ai pas tant produit de matière organique, on a mis en place des techniques et des stations afin d’y arriver. Merci à Alexis pour le bac à compost, à David pour la construction de la compos-toilette et à Bridget et Jonathan pour les éclaircissements sur le vermicompostage Entre le compost, le vermicompostage, le fumin, la collecte de gazon et de feuilles, je crois être dans la bonne voie afin de produire de plus de plus de bonnes matières organiques pour mes jardins.

Ha oui, si j’ajoute à ça les 4 balles de foin et la vingtaine de voyage de crottin de cheval livrés gratuitement chez moi….Mais je garde cette histoire pour une prochaine fois.

Je suis ouverte à toutes les autres méthodes qui me permettraient d’aller plus loin dans ma démarche. Vous avez des suggestions pour moi ? Puis si vous avez des commentaires, hésitez pas à m’en faire part. J’aime toujours vous lire.