Vermicompostage 101

Je suis continuellement B/O en matière organique ! Quoi que je fasse, c’est mon problème principale d’année en année. Et pourtant, il serait facile de changer quelques habitudes et en produire en quantité substantielle avec tout ce que l’on mange ici d’dans. C’est avec ce constat que j’ai clos les jardins l’an dernier. Il me faut changer certaines façons de faire. Faut récupérer le maximum de matière afin de la réutiliser dans les jardins. Concrètement, ça devait commencer par me trouver un fournisseur en lombric près de chez nous. Ayant déjà tout l’équipement sauf les vers, c’était la chose logique à faire.

J’ai bien fait du vermicompostage le temps d’un été. Comme il était hors de question de mettre ça dans maison, les vers sont morts et j’en ai pas refait l’année suivante. Pas sans regret, car j’avais bien aimé l’expérience. Ça vous fait ça aussi ? Lorsqu’il est question de changer nos habitudes bien ancrées, on a tendance à juste mettre le truc de côté…

Une belle balade en voiture m’a fait découvrir l’excentrique Fernand Pigeon. Lui les vers , il les compte à coup de millions ! Son installation en vermicompostage est permanente dans un bâtiment chauffé l’hiver. Il fourni les fermes biologiques en matière organique et en pipi de vers. Il vend ses vers principalement aux garderies, organismes et écoles qui veulent en faire l’expérience avec leurs élèves ou membres. Le genre de mec que tu écouterais parler toute la journée avec ses 35 ans d’agriculture biologique derrière la cravate.

Donc chaudière de vers en main, je retourne à la maison avec le sentiment que je vais, cette fois-ci , bien faire les choses. Si je suis si confiante, c’est que la vie à mis sur mon chemin un couple du Zimbabwe. QUOI ?

Zimbabwe c’est bien ça. J’en suis à ma deuxième année en tant que ferme hôte au sein de l’organisme WWOOF et mes premiers WWOOFERS de l’année sont du Zimbabwe. Croyez-moi, ça fait voyager. Mais bon je m’éloigne du sujet. Pour les intrigués, je vous suggère cet article au sujet de ces échanges de travail contre logis et nourriture.

Si je parle d’eux, c’est que Jonathan est un féru en lombricompostage. Il semble le pratique depuis toujours et m’en a expliqué plus que les bases. Puis on a cru en faire profiter le plus grand nombre avec cet article.  S’il est un truc que j’aime bien est de me retrouver en face d’un expert en la matière afin de bien commencer une nouvelle aventure. On a donc décidé de faire le premier vidéo 2017 sur le sujet afin de vous montrer comment bien les nourrir. La suite est très simple.

Afin de débuter votre lombricompostage, vous aurez besoin :

  • Un bac à vermicompostage. Il y en une multitude de formats différents à vendre sur le marché, vous pouvez le faire vous même et je gage qu’il est possible de vous en trouver sur kijiji.
  • Des lombrics. On parle pas ici de nos communs vers de terre utilisés pour aller pêcher. Mais bien d’un petit ver rouge. Celui qu’on a choisi est un ver d’Afrique qui a la capacité à manger une fois son poids par jour.
  • Des rebuts de table
  • Du papier journal ou carton d’œufs
  • De la terre ou du compost
  • Un contenant pour mélanger

Ce que les vers aiment manger :

  • Les épluchures des légumes et fruits en général
  • Les coquilles d’œufs
  • Le mac de café
  • Les feuilles de thé

Ce que les vers aiment :

  • La chaleur. Ils survivront à 15 degré, seront en plein forme à 20-25 degré. Au Zimbabwe, ils vivent à l’année. Les habitants peuvent donc les mettre en terre afin de faire aérer le sol de leur jardin. Ici c’est pas possible. Les vers vont mourir en peu de temps en terre et si vous faite le lombricompostage à l’année, il faut soit le faire à l’intérieur ou le rentrer durant la saison froide afin de toujours avoir des vers.
  • De la nourriture. Il faut les nourrir suffisamment afin que les vers se reproduisent abondamment. Plus on aura de vers, plus on aura de la matière organique à notre disposition.

Ce qui est mieux d’éviter avec les vers :

  • Les agrumes
  • Les oignons, ciboulette, ail et compagnie
  • Un substrat trop humide
  • Le froid
  • De la nourriture en gros morceaux
  • Le pain et les pâtisseries
  • Les aliments cuisinés

Bon en a nos vers et notre bac, maintenant on fait quoi ? Suffit de ramasser des rebuts de table. Si vous faites déjà votre compost, il faudra changer vos habitudes et fonctionner avec deux bacs de collecte. L’un pour le compost et l’autre pour les vers. C’est mélangeant au début et tout le monde dans la famille doit faire un bon tri sinon, vous risquez de donner de mauvais aliments à vos vers.

Le truc numéro un de mon woofer expert en lombricompostage est de bien préparer leur nourriture. Encore un changement d’habitude. C’est facile de juste ouvrir le capot et y jeter des épluchures ici et là mais  en se faisant vous aurez des résultats couçi couça également. On s’assure donc de hacher assez finement les épluchures avant de les mettre dans notre contenant de réserve. Une fois le contenant rempli, on sort le robot culinaire et on broie le tout afin d’en faire une purée. Je me suis simplement trouvé un bac avec couvercle pour garder la purée entre les nourrissages. Que je garde température pièce. Ça semble une des clefs du succès en vermicompostage si on souhaite obtenir des résultats rapides et concluants. Comme tout sera mélangé, les vers auront moins de difficulté à y avoir accès. Comme il n’y aura pas de pelures en surface, le mélange ne va pas moisir.

Pour vous aider avec le nourrissage, je vais deux tentatives de vidéos mais sans succès.  Une fois le voisin à sortie sa chainsaw et l’autre fois j’ai reçu un voyage de copeaux de bois !Je vais faire ma troisième tentative  et sûrement la bonne au prochain nourrissage. D’ici là, voici les indications :

Faut mieux mettre une épaisseur de papier journaux à l’intérieur du premier bac. Celui qui contient les trous. Cela évitera que la terre et les vers passent à travers le bac. Ensuite on prépare la bouffe. On mélange de la purée de reste de table, de la terre et des petits morceaux de papier journaux. JE dirais 2/3 de purée, 1/3 de terre et 1 1/2 carton d’œufs déchiqueté. On va ensuite mettre  cette substance notre bac à vermicompostage. On ajoute nos vers et on finalise avec une dernière couche de papiers journaux déchiquetés ou de carton d’œufs. Cette étape sera bien importante, particulièrement lorsque l’on fait le vermicompostage à l’intérieur. En recouvrant la nourriture d’une couche de papier, on évitera les mouches et indésirables….

Une fois bien établi, il vous suffira d’ajouter de la nourriture sur le dessus et les vers y trouveront leur chemin. Au début, c’est un peu embêtant de savoir si on a assez nourri et a quelle fréquence leur en donner. Le truc est de nourrir lorsque l’on observe que les vers sont en surface. Signe que la nourriture d’en dessous à été mangée. Lorsque le premier bac est plein, on ajoute le deuxième avec de la nourriture. Il faut toutefois attendre que la nourriture du premier bac soit mangée avant d’ajouter un deuxième car les vers vont y monter lorsqu’ils vont manquer de bouffe. On fait ces mêmes étapes pour autant de bacs que l’on possède. Pour ma part, j’en ai trois. Lorsque le troisième bac sera plein, on peut s’attendre à ce que le premier ne contiendra plus beaucoup de vers. On procède alors à une rotation en retirant le premier bac. Le deuxième ira en position 1 et le troisième en position 2.

À ce point-ci, on aura, dans notre bac 1 d’origine, de la matière +/- prête à l’emploi. Je ne suis pas certaine si on peut utiliser le terme fumier en vermicompostage mais je crois que ça vous aidera à bien comprendre. Comme on ne prend pas de fumier frais pour mettre dans notre jardin, on fera de même avec celui issus du vermicompostage. À moins d’en faire une couche chaude. On peut soit le faire  »vieillir » avant de l’utiliser, soit le mélanger à de la terre avant de le mettre au jardin soit l’utiliser dans notre compost de maison afin de lui faire terminer son cycle de dégradation de la matière. On peut enlever les vers manuellement afin de les répartir sur les étages restants ou tamiser le tout afin de les récupérer. Même s’il en va une certaine quantité dans notre jardin, c’est pas bien grave. Les vers auront le temps d’y apporter leur contribution avant de mourir. On aura donc un bac de vide à ajouter lorsqu’il sera temps de le faire.

Tout le long de la saison, on ouvrira la valve à la base de notre vermicomposteur afin de récupérer le pipi de vers. Qu’on l’appelle pipi de vers ou thé de vers, c’est la même chose. On l’utilisera au jardin en dilution 1:10.

Je ne connais pas les actions biochimiques de la dégradation de la matière pour vous en parler. Je ne sais pas la composition du fumier de vers non plus. J’imagine que ça varie selon la nourriture qu’on leur donne….Ce que je sais par contre c’est que mon jardin ADORE cette petite gâterie.

À tous ceux qui m’ont dit  »C’est TELLEMENT » facile ! ¨Ça se fait tout seul ! Je vais répondre : Non. À tous ceux qui pensent faire du vermicompostage sans rien changer dans leurs habitudes, je dis non. Mais comme il prend généralement un mois pour s’habituer un nouveau truc et trois mois pour bien l’intégrer, d’ici la fin de l’été; on va tous être des pro !

L’aventure vous intéresse ? J’aurai des surplus de vers prochainement. J’en ferai l’annonce via Facebook et je viendrai ajouter le lien ici.

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